Lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’organisation pour l’Afrique de l’Ouest, Leonardo Santos Simão, a mis en lumière l’ampleur de la crise qui frappe certaines parties du Sahel, où des groupes terroristes continuent de semer le chaos, notamment dans le bassin du lac Tchad.
Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, Leonardo Santos Simão (à l’écran), lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur la paix dans la région.
Le Représentant spécial en a fait lui-même le constat lors d’une visite récente au Nigéria. « Bama, une ville qui comptait autrefois 300.000 habitants, est aujourd’hui dévastée par Boko Haram et abrite de vastes camps de personnes déplacées », a rapporté M. Simão, qui participait à la réunion par visioconférence depuis Dakar, au Sénégal.
Dans ce contexte, l’une des préoccupations majeures de M. Simão, qui est à la tête du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), réside dans l’affaiblissement des mécanismes de sécurité régionaux. Il a ainsi rappelé l’importance de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition regroupant le Tchad, le Cameroun, le Nigeria, le Niger et le Bénin – la seule entité sécuritaire pleinement opérationnelle dans la région. Or, cette dernière se trouve fragilisée par l’annonce, le 29 mars, du retrait du Niger de la force.
Le chef de l’UNOWAS a toutefois salué l’émergence de nouvelles structures comme la « Force conjointe » anti-jihadiste, créée l’an dernier par l’Alliance des États du Sahel formée par le Mali, le Burkina Faso et, justement, le Niger. « Elle contribue à la stabilisation et offre un contexte propice au renforcement de la présence de l’État », a-t-il estimé.
Des avancées politiques fragiles mais réelles
Dans un contexte marqué par les tensions, certains pays entreprennent des démarches pour retrouver un semblant de normalité. Au Mali, « le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) vise à intégrer 3.000 anciens combattants, dont 2.000 ont déjà rejoint les forces armées », a notamment indiqué M. Simão.
D’autres nations, comme la Guinée, où des élections devraient avoir lieu d’ici la fin de l’année, et le Burkina Faso, dont les autorités déclarent contrôler plus de 70 % du territoire, tentent de rétablir une gouvernance stable en menant des consultations nationales. En Mauritanie, un dialogue a été amorcé entre le gouvernement et l’opposition, tandis qu’en Gambie, une rencontre entre le président Adama Barrow et son principal opposant Ousainou Darboe a ravivé les espoirs d’une transition démocratique plus apaisée.
Cependant, ces progrès restent sous tension. La communauté internationale attend notamment avec appréhension les élections en Côte d’Ivoire, où le souvenir des crises électorales passées est encore vivace, et en Guinée-Bissau. Dans cette dernière, « de profonds désaccords concernant la fin du mandat présidentiel et la date des élections de 2025 font peser de graves risques sur un processus pacifique », a mis en garde M. Simão.
Le civils en première ligne
Les civils continuent de payer le plus lourd tribut aux conflits en cours. Le Représentant spécial a exprimé son inquiétude quant aux « informations faisant état de civils non armés pris pour cible dans la lutte contre le terrorisme », un phénomène qui met selon lui à mal l’État de droit.
L’insécurité a également un impact direct sur l’accès à l’éducation. Des milliers d’écoles restent en effet fermées, compromettant l’avenir de générations toutes entières. « L’UNOWAS continuera de plaider en faveur de la mise en œuvre de la résolution 2601 (2021) du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la protection de l’éducation en période de conflit », a-t-il assuré.
Les pressions économiques ne font qu’aggraver la situation. L’inflation élevée et le surendettement réduisent la capacité des gouvernements à investir dans les infrastructures essentielles. M. Simão a plaidé pour « des approches globales et des partenariats qui donnent la priorité à la stabilité macroéconomique et à la croissance inclusive ».
L’enjeu des droits des femmes et des jeunes
L’autonomisation des femmes et des jeunes reste un axe clé des efforts de stabilisation. « Un nombre croissant de pays ont adopté des lois visant à promouvoir la participation des femmes à la vie politique », a rappelé M. Simão, citant l’exemple du Sénégal et du Ghana. Toutefois, il a reconnu que la mise en œuvre des plans d’action demeure « lente dans certains pays ».
Lutter contre la corruption et renforcer la gouvernance font également partie des priorités de l’UNOWAS. Le bureau a récemment organisé un dialogue sur la gouvernance et la sécurité avec diverses entités anti-corruption, dans le cadre de son initiative « Arbre à Palabre ».
Des raisons d’espérer
Si la situation de la région demeure fragile, des signes d’apaisement entre pays émergent. « Le Cameroun et le Nigéria ont réaffirmé leur volonté de résoudre les derniers points de désaccord » sur leur frontière commune, un exemple, selon M. Simão, des bénéfices du dialogue diplomatique.
Il a rappelé l’importance d’un engagement collectif face aux crises qui secouent l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. « Quatre-vingts ans après leur création, les Nations unies restent plus vitales que jamais », a-t-il affirmé, appelant la communauté internationale à unir ses efforts au service des populations de la région.
Alors que celle-ci oscille entre instabilité et initiatives prometteuses, une chose reste certaine : seule une action concertée et durable permettra de transformer ces avancées fragiles en un avenir prospère.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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