Le Programme alimentaire mondial (PAM) s’inquiète que les personnes déplacées n’aient pas reçu d’assistance depuis des semaines.
« Cela aura un impact sur leur état nutritionnel et leur santé. Il est essentiel d’apporter de la nourriture – les gens en manquent », a déclaré Shelley Thakral, porte-parole du PAM en RDC.
Les marchés alimentaires rencontrent des difficultés. Près de la moitié des magasins restent fermés et une récente évaluation du PAM a révélé que le prix de la farine de maïs – l’un des aliments de base de la région – a augmenté de près de 70 %, avec de fortes augmentations également observées pour le sel et l’huile d’arachide.
Un autre facteur critique est le transport. L’aéroport de Goma est toujours fermé, coupant une voie d’approvisionnement humanitaire vitale. En 2024, le Service aérien humanitaire des Nations Unies (UNHAS) géré par le PAM a effectué près de 7.000 vols, transportant 44.000 personnes vers 62 destinations, contournant souvent les routes endommagées ou bloquées.
Un avion de l’UNHAS atterrit à l’aéroport de Bunia, dans l’est de la RDC (photo d’archives).
Besoin de financement
Mais sans financement supplémentaire, les services de l’UNHAS pourraient être suspendus au-delà de mars 2025, mettant en péril l’accès humanitaire vital à travers le pays. Le PAM a besoin de toute urgence de 33,1 millions de dollars pour poursuivre ses opérations.
« Nous devons intervenir immédiatement, nous avons besoin de financement », a déclaré Shelley Thakral.
Alors que les conditions se dégradent, les femmes et les filles sont confrontées à un risque accru de violences et d’exploitation sexuelles. Beaucoup sont attaquées alors qu’elles cherchent du bois de chauffage et, dans les cas extrêmes, certaines ont recours au sexe de survie juste pour nourrir leur famille. Les ménages dirigés par des femmes sont particulièrement vulnérables.
« Mettre de la nourriture entre les mains des femmes et leur offrir des moyens de subsistance est essentiel pour réduire la violence envers les femmes et les filles », a déclaré la porte-parole du PAM.
Le PAM prévoit de distribuer 57 tonnes de nourriture pour soutenir 11.000 enfants et femmes enceintes ou allaitantes menacés de malnutrition sévère.
Un homme démonte son abri dans un camp avant de partir vers un endroit plus sûr, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Hausse de la criminalité et de l’insécurité
De son côté, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) se dit profondément préoccupé par la montée de la criminalité et de l’insécurité et par les violations généralisées des droits de l’homme.
« Dans le territoire de Lubero, au nord de Goma, les affrontements de la semaine dernière ont forcé plus de 100.000 personnes – dont environ la moitié sont des enfants – à fuir leurs foyers », a dit lundi le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric. « Plusieurs établissements de santé locaux ont dû suspendre leurs activités et nos partenaires signalent des violations généralisées des droits de l’homme, notamment des viols ».
A Goma, capitale du Nord-Kivu, l’activité criminelle a augmenté, avec des invasions de domiciles, des enlèvements et des détournements de véhicules visant des agences humanitaires. Certains incidents ont fait des morts.
Une augmentation similaire de la criminalité et de l’insécurité a été signalée au Sud-Kivu, en particulier à Bukavu et Uvira, où des viols et des pillages ont également été signalés, selon les partenaires humanitaires de l’ONU.
Un travailleur humanitaire tué
Au Nord-Kivu, un travailleur humanitaire a été touché par une balle perdue lors d’affrontements dans le territoire de Masisi le 20 février et est décédé des suites de ses blessures samedi, portant à six le nombre total de travailleurs humanitaires tués dans la région depuis janvier.
Toutefois, au Sud-Kivu, les autorités locales affirment que les écoles du territoire de Kalehe, à environ 65 kilomètres au nord de Bukavu, rouvrent progressivement. Les écoles avaient fermé il y a plusieurs semaines, les combats ayant exposé les enfants et les enseignants à des violations massives des droits de l’homme.
« Dans le même temps, nos partenaires signalent que les munitions non explosées demeurent un problème dans de nombreuses zones touchées par les récents combats, notamment dans deux écoles de la ville de Minova, au nord de Bukavu », a dit mardi le porte-parole du Secrétaire général.
La capacité de la Mission des Nations Unies (MONUSCO) à s’acquitter de son mandat reste considérablement limitée dans les zones contrôlées par le M23 au Nord-Kivu. Cependant, la Mission continue d’assurer la protection de milliers de personnes qui ont cherché refuge dans ses différentes bases tout en recherchant des moyens d’assurer leur transfert en toute sécurité hors de Goma.
Lors d’une conférence de presse lundi à Juba, au Soudan du Sud, le chef des opérations de paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, a exprimé son inquiétude face à la crise humanitaire et aux pertes en vies humaines en République démocratique du Congo.
Il a souligné qu’il n’y avait pas de solution militaire à la crise et a réitéré que « la priorité est la cessation des hostilités, la mise en œuvre des décisions du processus de Luanda et la garantie de l’accès humanitaire ».
M. Lacroix a également noté que si les hostilités cessent, l’ONU est prête à soutenir activement un cessez-le-feu.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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