L’événement de deux jours a été l’occasion de souligner l’importance des femmes dans le maintien de la paix, et les délégués ont également discuté des défis actuels du maintien de la paix et de la manière dont l’ONU et les États membres peuvent travailler ensemble pour s’adapter aux nouvelles réalités du paysage géopolitique actuel.

Cet entretien a été édité pour des raisons de clarté et de longueur

ONU Info : Quelle est la plus grande menace pour le maintien de la paix dans les 20 prochaines années, et comment pouvons-nous nous y préparer aujourd’hui ?

Jean-Pierre Lacroix : Le plus grand défi réside dans les divisions entre nos États membres, car nous comptons sur leur soutien politique fort et uni.

Malheureusement, cette unité est moins certaine aujourd’hui. Lorsqu’elles rencontrent des défis et des difficultés, les missions de maintien de la paix existantes ne peuvent pas toujours compter sur un soutien fort et uni des États membres, y compris des gouvernements hôtes.

Un autre point essentiel est que les opérations de maintien de la paix sont déployées pour soutenir les efforts politiques. Mais pour que ces efforts politiques réussissent, nous avons besoin d’une communauté internationale unie, engagée et forte.

La nature des conflits a évolué. Il y a davantage d’acteurs non étatiques, notamment des sociétés de sécurité privées. Les causes des conflits sont de plus en plus transnationales, qu’il s’agisse du terrorisme, du crime organisé ou des conséquences du changement climatique.

Bien que nous ne puissions pas contrôler le niveau d’unité entre nos États membres, nous devons nous efforcer de faire face à la nature évolutive des conflits et d’améliorer notre capacité à y répondre efficacement.

UN India/ Shachi Chaturvedi

Le chef des opérations de paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, jette un œil à l’exposition « Make in India » en marge de la conférence.

ONU Info : Comment le maintien de la paix peut-il garder une longueur d’avance sur les menaces posées par les nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle, les cyberattaques et les drones ?

Jean-Pierre Lacroix : C’est un objectif essentiel, et c’est la raison pour laquelle nous avons lancé une stratégie de transformation numérique du maintien de la paix, qui vise à améliorer la connaissance de la situation, à renforcer la sûreté et la sécurité de nos soldats de la paix et à lutter contre la désinformation, qui est actuellement utilisée comme arme dans de nombreux contextes de maintien de la paix.

Cependant, pour y parvenir, nous devons améliorer la maîtrise du numérique parmi notre personnel, ce qui nécessitera des efforts importants en termes de formation et d’amélioration de leur niveau de préparation. Nous ne pouvons pas y parvenir seuls en tant que Secrétariat de l’ONU, nous devons travailler avec nos partenaires.

ONU Info : Des lignes de front aux rôles de direction, que faudrait-il, selon vous, pour que les femmes soient le visage du maintien de la paix de l’ONU ?

Jean-Pierre Lacroix : Nous avons de meilleurs résultats en ce qui concerne le nombre de femmes servant dans le maintien de la paix, et la proportion de femmes ne cesse de s’améliorer.

Cependant, nous voulons avoir plus de femmes officiers à des postes de direction, comme commandant de force et commandant adjoint de force. Peu de forces armées comptent des femmes à ce niveau, mais l’Inde fait beaucoup pour y parvenir et fournit davantage de femmes officiers.

Nous devons également réfléchir à la manière de rendre l’environnement de maintien de la paix accueillant pour les femmes et les hommes. Cela comprend des aspects pratiques tels que les installations, et de nombreux efforts sont déployés pour améliorer la qualité de nos camps et leur adéquation aux femmes comme aux hommes.

La capitaine Sandra Hernandez Vega (à droite) à Tombouctou, au Mali (photo d’archives).

Il y a aussi une dimension psychologique à cela, en veillant à ce que tous les soldats de la paix, hommes et femmes, fassent de leur mieux pour rendre l’environnement de travail accueillant pour tous, et certainement pour les femmes. Nous y travaillons, mais je pense que c’est aussi une responsabilité partagée que nous avons avec les pays contributeurs de troupes et de police.

ONU Info : Comment pouvons-nous améliorer la promotion des femmes dans le maintien de la paix ?

Jean-Pierre Lacroix : Tout d’abord, la politique de l’ONU vise à autonomiser les femmes. Avoir plus de femmes Casques bleus crée un meilleur environnement de travail et elles deviennent des modèles pour les autres femmes. Je pense que nous avons un meilleur bilan en matière de conduite et de discipline lorsque nous avons plus de femmes dans le maintien de la paix.

Il est particulièrement important d’avoir plus de femmes dans le maintien de la paix pour établir la confiance avec les communautés, et c’est un point qui a été régulièrement souligné.

Cependant, leur rôle ne se limite pas à l’engagement communautaire. Par exemple, nous avons des femmes officiers qui sont pilotes d’hélicoptère et pratiquement toutes les tâches que nous avons dans le maintien de la paix sont ouvertes aux femmes comme aux hommes.

ONU Info : Comment pensez-vous que les pays du Sud peuvent jouer un rôle plus actif dans le maintien de la paix ?

Jean-Pierre Lacroix : La majorité des Casques bleus que nous déployons viennent du Sud, notamment de l’Inde, qui est l’un des plus gros contributeurs. Leur rôle est crucial, non seulement en termes de nombre, mais aussi dans d’autres domaines.

L’Inde, par exemple, contribue à tous les efforts actuellement déployés pour améliorer le maintien de la paix, de la sûreté et de la sécurité à l’utilisation des technologies numériques. Bien sûr, cela comprend l’augmentation du nombre de femmes dans le maintien de la paix, l’amélioration de la manière dont les évaluations de performance sont menées, etc.

Je pense qu’il existe une richesse d’expérience dans les pays du Sud dont nous voulons vraiment tirer parti pour continuer à nous adapter et à relever les défis actuels : nous devons nous assurer que les opérations de paix de demain restent pertinentes.

Conférence pour les femmes soldats de la paix

  • La conférence s’est tenue à New Delhi, en Inde, les 24 et 25 février
  • Les organisateurs étaient le ministère indien des Affaires étrangères, le ministère de la Défense et le Centre pour le maintien de la paix des Nations Unies (CUNPK)
  • Des femmes soldats de la paix de 35 pays contributeurs de troupes du Sud global ont participé à l’événement
  • D’ici 2028, l’ONU vise à tripler le nombre de femmes servant dans les contingents militaires de l’ONU et à doubler le nombre de femmes servant dans les unités de police de l’ONU.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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