Devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk a décrit une situation « horrible », qui est le résultat de violations graves et flagrantes du droit international humanitaire et des droits de l’homme, et d’une culture d’impunité totale.
« Malgré des efforts de médiation continus, le Soudan est dans une impasse politique alors que l’effusion de sang se poursuit sans relâche », a mis en garde le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, soulignant que le risque d’escalade n’a jamais été aussi élevé.
Les récentes initiatives visant à établir une autorité gouvernementale dans les zones contrôlées par les paramilitaires des Forces de sécurité rapide (FSR) sont susceptibles de renforcer les divisions et le risque d’une poursuite des hostilités.
Depuis avril 2023, le Soudan est le théâtre d’une guerre entre les paramilitaires des FSR et l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane, qui a pris les rênes du pays à la suite d’un putsch, en octobre 2021.
Exécutions sommaires de civils
« Le peuple soudanais a enduré des souffrances et des douleurs insondables depuis le début du conflit, sans qu’aucune solution pacifique ne soit en vue. Il est impossible d’imaginer le tourment des enfants qui ont perdu leurs parents, des femmes et des maris qui ont perdu leur partenaire, des gens qui ont tout perdu », a ajouté M. Türk.
Sur le terrain, les belligétants ont continué à lancer des « attaques directes et indiscriminées » à l’aide d’armes explosives ayant des effets étendus sur des zones densément peuplées, y compris des camps de personnes déplacées, des marchés et des écoles.
« À la suite d’une série d’attaques attribuées aux Forces de soutien rapide autour d’Al Qetina dans l’État du Nil blanc la semaine dernière, des rapports choquants ont fait état de centaines de personnes tuées, et d’autres violées et enlevées », a-t-il détaillé.
D’une manière générale, les équipes du Haut-Commissaire Türk ont recueilli de nombreuses informations faisant état d’exécutions sommaires de civils.
Le site d’El Salamabi dans l’État de Gedaref, au Soudan, accueille des milliers de personnes déplacées qui ont fui la violence armée dans l’État d’Aj Jazirah.
Un niveau « effroyable » de violence sexuelle
L’espace civique se rétrécit, tandis que les détentions arbitraires exposent la société civile, les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme à des risques de torture et de mauvais traitements. Au moins 12 journalistes ont été tués au cours de la période considérée, dont deux étaient en détention.
« Des personnes ont été attaquées en raison de leur identité, souvent en s’appuyant sur des divisions passées le long de lignes ethniques et tribales. Dans le même temps, les discours haineux et l’incitation à la violence augmentent les tensions et la polarisation ».
L’extension des combats à l’ensemble du pays s’est accompagnée d’un niveau effroyable de violence sexuelle. Plus de la moitié des viols signalés ont pris la forme de viols collectifs, ce qui montre que la violence sexuelle est utilisée comme arme de guerre.
En outre, le recrutement d’enfants par les deux parties et leurs milices alliées est motivé en partie par la pauvreté et la fermeture des écoles. « Dans certains cas, les enfants ont rejoint les combats pour protéger leur famille ».
Une lutte intense pour le contrôle des ressources naturelles
Sur un autre plan, le chef des droits de l’homme de l’ONU s’est appesanti sur cette « lutte intense pour le contrôle des ressources naturelles », avec des actifs stratégiques et des intérêts économiques. Ce qui conduit les deux parties à rechercher des alliances régionales et internationales pour soutenir l’économie de guerre.
« Le Soudan étant situé au carrefour de plusieurs sous-régions, ce conflit constitue une menace sérieuse pour la paix et la stabilité dans la Corne de l’Afrique, le Sahel et au-delà », a mis en garde M. Türk, relevant que l’approvisionnement continu en armes en provenance de l’extérieur du pays constitue également un risque sérieux.
M. Türk exhorte donc les pays à user de leur influence pour exercer une pression diplomatique et politique sur les belligérants, ainsi que sur leurs alliés régionaux et internationaux, afin d’obtenir un cessez-le-feu. Ils doivent également veiller au respect de l’embargo sur les armes au Darfour, tout en envisageant de l’étendre à l’ensemble du pays.
Toutefois, ces efforts diplomatiques ne doivent pas se faire au détriment de l’obligation de rendre des comptes, qui est essentielle « pour rompre les cycles récurrents de violence et d’impunité au Soudan et pour empêcher de nouvelles violations et de nouveaux abus ».
Des civils retenus en otage
De son côté, la Coordinatrice humanitaire des Nations Unies au Soudan s’est inquiétée des récentes informations selon lesquelles des civils ne peuvent pas – et dans certains cas sont activement empêchés – de quitter les zones de conflit, et sont en fait retenus en otage dans les zones où les combats sont actifs.
Dans le camp de Zamzam à El-Fasher, au Darfour du Nord, des dizaines de milliers de personnes – dont la majorité sont des femmes, des enfants et des personnes âgées – ont été confrontées à des conditions intermittentes de siège, de bombardements et d’attaques terrestres. « Elles ont faim et les enfants souffrent de malnutrition », a déclaré, dans un communiqué, Clementine Nkweta-Salami.
Depuis le début du conflit au Soudan en avril 2023, les civils ont été exposés à des niveaux de violence et de souffrance sans précédent. « L’humanité est la première victime de la guerre, et la souffrance de nombreuses personnes déplacées dure depuis trop longtemps. Je ne peux pas imaginer le désespoir de la situation », a ajouté Mme Nkweta-Salami.
Des opérations humanitaires interrompues
Les combats en cours touchent les civils et les installations civiles et rappellent brutalement l’impact dévastateur du conflit qui dure depuis près de deux ans. Les acteurs armés qui opèrent à proximité ou à l’intérieur des zones peuplées représentent une menace directe pour les civils et bloquent l’acheminement de l’aide humanitaire vitale.
Les travailleurs humanitaires n’ont pas été épargnés par les actes horribles de violence et d’abus, et des efforts critiques de réponse humanitaire ont dû être interrompus.
Récemment, Médecins sans frontières (MSF) a annoncé la suspension de toutes ses activités dans le camp de Zamzam en raison de l’escalade des combats dans la région, qui a mis son personnel en danger. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a interrompu la distribution de l’aide alimentaire et nutritionnelle vitale dans le camp de Zamzam.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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