« Dans les jours qui ont suivi le séisme meurtrier qui a ravagé le centre du Myanmar la semaine dernière, l’armée du pays a poursuivi ses opérations et ses attaques, y compris des frappes aériennes, dont certaines ont été lancées peu après la fin des secousses », a déclaré vendredi Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU, lors d’une conférence de presse à Genève.

Un cessez-le-feu a pourtant été annoncé par l’armée, le 2 avril, cinq jours après le séisme de magnitude 7,7 qui a frappé le centre du Myanmar. Les chiffres officiels font état de 370 disparus, plus de 3.000 morts et des milliers de blessés dans la catastrophe. 

« Nous demandons instamment l’arrêt de toutes les opérations militaires et que l’accent soit mis sur l’aide aux personnes touchées par le séisme », a ajouté Mme Shamdasani, réitérant l’appel du chef des droits humains de l’ONU, Volker Türk, à une « solution politique inclusive » pour mettre fin à plus de quatre ans de combats déclenchés par le coup d’État de la junte en février 2021.

Plus de 60 attaques

Les dernières données du Haut-Commissariat font état d’au moins 61 attaques signalées au Myanmar depuis la catastrophe, dont 16 depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Le gouvernement fantôme d’opposition a quant à lui décrété une trêve temporaire de deux semaines sur ses opérations offensives afin de faciliter l’acheminement de l’aide d’urgence.

Les tactiques employées par l’armée – connue sous le nom de Tatmadaw au Myanmar – incluent notamment l’utilisation de parapentes silencieux pour bombarder de manière surprise des communautés, a déclaré James Rodehaver, le chef de l’équipe du Haut-Commissariat au Myanmar.

« Il s’agit d’un militaire utilisant un deltaplane avec un sac attaché au dos ou au torse et un grand ventilateur. Il s’en sert pour survoler des zones en parapente, utilisant le ventilateur comme moteur, et pour larguer des bombes ou des munitions portatives sur des cibles situées en contrebas », a-t-il précisé.

Livraisons d’aide

Les régions les plus touchées par le séisme, qui a eu lieu vers 12h50, heure locale, sont Mandalay – la deuxième ville du pays, d’une population de 1,2 million d’habitants –, Sagaing, la capitale Nay Pyi Taw, Bago, Magway, ainsi que les États Shan de l’est et du sud.

Les évaluations ont révélé des destructions massives d’infrastructures essentielles dans le centre du Myanmar, notamment des établissements de santé, des réseaux routiers et des ponts.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a également signalé, lors d’un point sur la situation, que l’approvisionnement en électricité et en eau restait perturbé, ce qui aggrave l’accès aux services de santé et accroît les risques d’épidémies de maladies d’origine hydrique et alimentaire.

L’aide pour les familles touchées par le tremblement de terre au Myanmar est déchargée dans un entrepôt, à Yangon.

Destructions massives

L’agence des Nations Unies pour les réfugiés, qui a lancé un appel de fonds de 16 millions de dollars pour venir en aide à 1,2 million de survivants, a rapporté que jusqu’à 80 % des structures de Mandalay se seraient effondrées.

Le porte-parole de l’agence, Babar Baloch, a expliqué qu’elle avait déployé des secours d’urgence, notamment des bâches en plastique et des ustensiles de cuisine, pour 25.000 survivants dans les régions de Mandalay, Sagaing et Bago, ainsi qu’à Nay Pyi Taw, et dans certaines parties de l’État Shan.

De son côté, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), partenaire des Nations Unies, a signalé que 136 communes avaient été touchées par le séisme, « dont environ 25 % se trouvent dans des zones non contrôlées par le gouvernement, ce qui complique l’accès ».

Reprenant ces inquiétudes, Mme Shamdasani, du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, a déclaré que l’ampleur de la catastrophe avait été aggravée par les coupures d’internet et de télécommunications « imposées par l’armée ».

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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